Pour consulter des listes et des cartes de la SVP et de ses partenaires sur les lieux amiantés au Québec, cliquez sur le lien et/ou voir ce qui suit. À utiliser pour savoir si vous, vos proches ou une victime ont été en contact avec l’amiante. À NOTER QUE LA SVP ATTEND TOUJOURS QUE LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC PUBLIE LA LISTE COMPLÈTE DES LIEUX PUBLICS ET PARA-PUBLICS AMIANTÉS. En attendant, la SVP est depuis plus d’un an devant la Commission d’accès à l’information pour obtenir cette liste. 

svpollution:

LES MORTS DE L’AMIANTE, quelques chiffres : Au Québec

Plus gros poste d’indemnisation de morts à la CSST. Pourtant, ce n’est pas plus de 30% des décès réels

En France

Dunkerque (usine amiante-ciment) : 140 veuves de l’amiante en 2004, 450 veuves en 2012 ;

A Condé-sur-Noireau (petite ville de Normandie) : 1300 victimes atteintes d’une maladie due à l’amiante pour une seule usine d’amiante-ciment (une sur quatre est décédée)

A Saint-Nazaire, aux chantiers navals, plus de 2000 victimes.

10 morts par jour de l’amiante - entre 3000 et 4000 par an

En Belgique :

-800 à 900 morts par an des maladies de l’amiante. Comme en Grande-Bretagne, l’amiante tue autant que les accidents sur les routes.

-Usine Coverit d’Harmignies (ville de Mons) : 256 ouviers et employés à sa fermeture en 1986. 153 sont morts de mésothéliomes. 

Voici la liste obtenue par Radio-Canada de la Société immobilière du Québec. Palais de justice, édifices à bureaux, etc…

LA SOCIÉTÉ CANADIENNE DU CANCER CONTRE L’AMIANTE:DOIT-ON SUBVENTIONNER ET EXPORTER LE CANCER?

DOIT-ON SUBVENTIONNER ET EXPORTER LE CANCER?

Le 1er mars 2012, Suzanne Dubois, Directrice générale de la Société canadienne du cancer – Division du Québec

 

Cette semaine, La Presse faisait le point sur la situation de l’amiante au Québec, au moment historique où, pour la première fois en 130 ans, nous n’en sommes plus producteur. Ce temps d’arrêt doit être l’occasion de cesser l’exploitation d’une substance que l’on sait carcinogène, pour laquelle il n’existe pas d’utilisation sécuritaire et qui a déjà fait trop de victimes, ici et ailleurs.

Tous les types d’amiante causent le cancer : cancer pulmonaire, mésothéliome de la plèvre et du péritoine, cancers du larynx et des ovaires. Le gouvernement du Québec s’apprête toutefois à contribuer à la relance de la mine Jeffrey d’Asbestos, avec une garantie de prêt de 58 M$, mettant ainsi le couvercle sur un débat public essentiel.

La Société canadienne du cancer s’oppose fermement à tout investissement de fonds publics dans l’exploitation de l’amiante. Elle croit qu’il est impératif d’augmenter les efforts de gestion de l’amiante existant (registre des bâtiments, désamiantage) et de soutenir les travailleurs québécois de l’amiante en investissant directement dans la reconversion de l’économie régionale.

Les voix en faveur d’un bannissement de l’amiante n’ont cessé de se faire entendre. Les mémoires produits par d’éminents chercheurs et associations médicales en mai 2010 (sur la modification de la Loi sur les mines), la lettre des 16 directeurs de santé publique de janvier 2011, les campagnes de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine, les appels répétés des victimes ou la sortie de cinq députés le 23 février dernier transmettent le même message, soit celui de ne plus soutenir l’industrie de l’amiante.

Mais nos gouvernements font la sourde oreille : ils privilégient les considérations économiques à court terme, omettant les coûts associés, la santé et la vie des gens. Pire, le Canada retarde les processus internationaux et refuse d’inclure l’amiante chrysotile dans la liste des substances dangereuses de la Convention de Rotterdam, un traité de l’ONU datant de 2004. Comment peut-on agir avec précaution lorsqu’on refuse la réalité, soit la toxicité d’un produit?

La réalité des maladies de l’amiante est cruelle, mais demeure avant tout évitable. Le 9 février dernier,Enquête décrivait la triste histoire d’une mère et de sa fille ayant développé un mésothéliome, un cancer très agressif, en lavant les salopettes du père, travailleur de l’amiante. La Presse rapportait le cas d’une femme décédée du même cancer, mais exposée à l’amiante en travaillant dans la cafétéria d’une polyvalente, illustrant l’urgence d’un registre des bâtiments qui en contiennent (prévu depuis 2002) et un accès public à ces renseignements. 

Au même moment, deux communautés (Asbestos et Thetford Mines) espèrent la relance de cette industrie pour assurer leur développement économique. C’est en toute solidarité que le gouvernement québécois devrait investir ce qu’il destine à l’industrie de l’amiante (58 M$) pour encourager la diversification, la créativité et les initiatives locales. Santé Canada ne s’oppose pas ici à économie, il s’agit plutôt de contribuer à une économie et à une population en santé.

Chaque année dans le monde, plus de 100 000 personnes meurent de maladies liées à l’amiante.Conséquence de la négligence passée, 70 % des décès qui font l’objet d’une réclamation à la Commission de la santé et de la sécurité du travail sont reliés à l’amiante. Fermer les yeux sur ce qui se passe ici avec l’amiante présent dans nos édifices publics et privés et sur ce qui se passera ailleurs avec l’amiante de chez nous est une position officielle indéfendable. La Société canadienne du cancer demande au gouvernement de faire preuve de cohérence et de courage dans ce dossier et de cesser immédiatement de soutenir une industrie dont le produit est un carcinogène reconnu.

Suzanne Dubois, Directrice générale de la Société canadienne du cancer – Division du Québec

 

 

 

Les autorités médicales sont formelles: les fibres d’amiante restent dans les poumons humains.

PLAN D’ACTION « L’AMIANTE PRÈS DE CHEZ VOUS »

PLAN D’ACTION « L’AMIANTE PRÈS DE CHEZ VOUS »

 

PARTIE 2 – DEMANDES AU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC

 1.    L’interdiction de toute exploitation, installation et utilisation d’amiante au Québec et le retrait définitif de l’offre de garantie de prêts de 58 millions $ à Mine Jeffrey ainsi que l’affectation de ces fonds à un programme de soutien économique aux travailleurs et aux collectivités des régions de l’amiante ;

 2.    La déclaration obligatoire de tous lieux contaminés à l’amiante au Québec;

3.    Un Registre national des lieux et des produits contaminés à l’amiante;

 4.    Le retrait de la « Politique d’utilisation accrue et sécuritaire de l’amiante » au Québec;

5.    L’établissement d’un règlement devant régir l’industrie du désamiantage afin de protéger la santé des travailleurs et des autres personnes pouvant être exposées, ainsi que contrôler la destination finale de l’amiante retirée;

 6.    Des normes de sécurité beaucoup plus sévères que les normes actuelles d’exposition à l’amiante (les normes européennes et françaises sont 10 à 100 fois plus sévères qu’au Québec);

 7.    Une étude épidémiologique complète, incluant la révision des dossiers médicaux de tous les cas de maladies reliés à l’amiante au Québec, afin d’identifier des sources d’exposition ;

 8.    Un programme de soutien aux victimes de l’amiante.

 

 

PLAN D’ACTION POUR QUE L’AMIANTE NE NOUS TUE PLUS.

Communiqué

Pour diffusion immédiate

MONTRÉAL, LE 5 MARS 2012 -La discussion est close : l’amiante tue, sous toutes ses formes, ses cancers ne pardonnent pas. Et le Québec, capitale mondiale de l’amiante, est un champion de l’exposition aux fibres mortelles. Depuis plus de 40 ans, on en a installé partout, hôpitaux, écoles, édifices, routes, maisons, etc. Pire, aujourd’hui même, les fibres d’amiante continuent d’être installées, comme au nouveau Centre hospitalier McGill. Non seulement ne prend-on pas les mesures pour prévenir les cancers, mais nous préparons sans remords l’épidémie de demain. Les cancers d’amiante augmentent au Québec. 

Devant l’incurie des autorités sur cet enjeu majeur de santé publique, la Société pour Vaincre la Pollution (SVP), ainsi que Nature Québec, et Coalition Québec Meilleure Mine (QMM), ont décidé de prendre des mesures immédiates afin de commencer à protéger la population. Les trois organismes lancent donc aujourd’hui un Plan d’action dans le cadre de la campagne « L’AMIANTE PRÈS DE CHEZ VOUS ».

« Il est épouvantable que les Québécois soient exposés dès la maternelle, souvent sur une durée de vie, à la fibre mortelle sans le savoir. Et donc, sans pouvoir se protéger », déclare Daniel Green, co-président SVP.

 Prévenir la population

L’un des volets majeurs de ce Plan est l’information au public. Depuis 6 mois, la SVP compile des bases de données afin d’identifier les lieux où se trouve l’amiante, forcée de contourner les autorités officielles qui persistent à les cacher. Une liste de 300 lieux publics amiantés a déjà été publiée. Nous rendons aujourd’hui disponible une seconde liste et une carte, celle de 42 lieux d’entreprises qui ont utilisé et vendu l’amiante dans leurs produits. D’autres listes suivront, telles que celle des noms de commerce des principaux produits d’amiante.

 La publication de ces informations vise deux objectifs : d’abord prévenir les occupants actuels d’édifices contaminés, ainsi que les voisins des manufactures qui ont utilisé l’amiante. Les fibres émises sont en effet aéroportées et contaminent les voisinages. Le second objectif est de fournir une piste aux victimes et à leurs proches afin qu’ils puissent identifier les lieux de leur contamination, et possiblement obtenir une compensation. En effet, 70 % des décès reliés à l’amiante sont des victimes collatérales d’une exposition non reliée à leur profession et meurent sans jamais savoir pourquoi. Leurs proches n’ont pas d’indemnisation.

« Il y a déjà 20 ans que le reste du monde se désamiante. Ici, même nos écoles et nos hôpitaux pour enfants sont encore contaminés. Cessons de parler et agissons », déclare Christian Simard, directeur général, Nature-Québec.

 Appel au public

La SVP et la coalition Québec meilleure mine! font appel au public, afin de collecter des informations sur les lieux contaminés, identifier des victimes, et appuyer massivement les exigences politiques contenues dans le Plan d’action. Les informations sur l’amiante, les listes et cartes sont disponibles à SVP http://svpollution.tumblr.com/ et Coalition Québec meilleure mine! www.quebecmeilleuremine.org.

 Voter avec leurs consciences

Enfin, nous demandons  aux parlementaires de voter dès leur retour à l’Assemblée nationale,  selon leur conscience, les mesures contenues dans le Plan d’action, dont l’interdiction totale de l’exploitation et installation d’amiante, la déclaration obligatoire de tous lieux contaminés, l’information au public via un Registre national, l’encadrement réglementaire des désamianteurs, etc.

« Avec votre seul vote, vous, hommes et femmes élus du Québec, détenez le pouvoir de vous lever contre la souffrance et la mort. Que ferez-vous au prochain vote ? », demande Anne-Marie Saint-Cerny, directrice, SVP. 

L’AMIANTE TUE

L’amiante tue, sous toutes ses formes. L’utilisation sécuritaire est un mythe véhiculé par l’industrie. Le Québec est la seule province canadienne et le seul État des pays industrialisés qui continue l’exploitation minière d’amiante et son exportation dans les pays plus pauvres. À travers leurs impôts et taxes, les Québécois continuent donc de payer pour cette industrie, pourtant dénoncée sur toutes les tribunes nationales et internationales (Organisation mondiale de la santé, Convention de Rotterdam sur l’exportation des matières dangereuses, l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ), etc.).

Chaque année, l’amiante cause près de 100 000 morts à l’échelle mondiale. Au Québec, les cancers liés à l’amiante sont en augmentation et causent plus de morts que TOUS les types d’accidents de travail réunis (559 décès liés à l’amiante contre 548 décès par accidents de travail entre 2005 et 2010). C’est inacceptable. Nous devons cesser d’être complices de cette industrie qui fait des ravages.